Un commandement accompagné d’une promesse.
Deux fois par an, la chapelle réunit ses mères, puis ses pères, devant l’église pour une photographie. Voici ce que nous croyons que ces deux dimanches signifient — et pourquoi l’honneur dû aux parents n’a jamais été fait pour s’arrêter au seuil de la maison.

Deux fois par an, la famille de l’ECA s’aligne au soleil devant la chapelle et quelqu’un prend une photo. L’un de ces dimanches, ce sont les mères, plusieurs avec un enfant sur la hanche et un petit garçon qui refuse de regarder l’objectif. L’autre, ce sont les pères, les bébés confiés pour l’occasion, et le plus âgé d’entre nous accroupi au milieu de la rangée, souriant. Deux images, une seule église, et — nous le croyons — un seul sujet.
La charnière des dix
Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent dans le pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne.
Exode 20:12
C’est le cinquième des dix commandements, et il se tient sur la charnière. Les quatre qui le précèdent règlent la manière dont un peuple traite Dieu ; les cinq qui le suivent règlent la manière dont il se traite lui-même. Le passage de l’un à l’autre se fait à la porte d’une maison. Avant qu’Israël n’entende un mot sur le meurtre, l’adultère, le vol ou le faux témoignage, il apprend comment considérer les deux personnes qui l’ont élevé.
Paul y remarque autre chose. Citant le commandement à une jeune église, il glisse une incise : c’est le premier commandement accompagné d’une promesse — afin que tu sois heureux et que tu vives longtemps sur la terre. Lisons cela lentement. La promesse n’est pas faite aux parents, en récompense de leur peine. Elle est faite à l’enfant qui l’observe. L’honneur n’est pas une dette que les jeunes règlent aux anciens ; c’est la manière dont un peuple tient debout assez longtemps pour transmettre quoi que ce soit.
Ray aman-dreny
Le malgache dit cela en une seule expression depuis très longtemps. Ray aman-dreny — littéralement père et mère — désigne les deux personnes de la maison. C’est aussi ainsi que l’on nomme les anciens d’une communauté, et tous ceux à qui l’on en confie la garde. Les mots refusent de rester à l’intérieur du foyer. Ils sortent dans la rue et viennent se poser sur quiconque porte une responsabilité pour d’autres — ce qui résume assez bien ce que l’Écriture fait exactement du même vocabulaire.
Ne réprimande pas rudement l’homme âgé, mais exhorte-le comme un père ; les femmes âgées comme des mères, les jeunes comme des sœurs, en toute pureté.
1 Timothée 5:1–2
Paul enseigne à un jeune pasteur comment conduire une église, et le seul vocabulaire qu’il emploie est celui de la famille. Non pas l’équipe et les adhérents. Des pères, des mères, des frères, des sœurs. Pour une assemblée comme la nôtre, cette instruction n’a rien de sentimental : elle est pratique. Beaucoup, dans la chapelle, vivent à des milliers de kilomètres de leurs propres parents, et leurs enfants grandissent sans grand-mère à deux rues de là. Il faut bien que quelqu’un soit cette grand-mère. C’est à l’église que cela s’organise.
Ce qui est réellement demandé aux parents
Et ces commandements que je te donne aujourd’hui seront dans ton cœur. Tu les inculqueras à tes enfants, et tu en parleras quand tu seras dans ta maison, quand tu iras en voyage, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras.
Deutéronome 6:6–7
Le grand texte de l’Ancien Testament sur l’éducation frappe par son caractère ordinaire. Aucun programme, aucune heure mise à part. Il y a s’asseoir, marcher, se coucher, se lever — les quatre postures d’une journée normale. La foi se transmet dans les marges : dans la voiture en allant à l’école, devant une assiette de riz, dans les deux minutes avant que la lumière s’éteigne. C’est à la fois un soulagement et une exigence. Personne n’a besoin d’être un expert, et personne n’est jamais en congé.
Le Nouveau Testament assortit la même mission d’un avertissement : pères, n’irritez pas vos enfants, mais élevez-les en les corrigeant et en les instruisant selon le Seigneur. Les deux moitiés vont ensemble. Une autorité qui exaspère a déjà manqué ce pour quoi elle avait été donnée. Un enfant que l’on forme et un enfant que l’on use peuvent se ressembler un certain temps vus du dehors ; ils n’arrivent pas au même endroit.

Et de temps à autre, l’Écriture nomme simplement les personnes. Écrivant à Timothée, Paul se souvient d’une foi sincère qui a d’abord habité en ta grand-mère Loïs et en ta mère Eunice, et qui, j’en suis persuadé, habite aussi en toi. Une grand-mère, une mère, un fils : trois générations, nommées, dans une seule phrase. C’est toute l’espérance que porte une photographie comme celles-ci.
Personne n’élève ses enfants tout seul
Une assemblée est l’un des rares endroits où un enfant est connu d’adultes qui ne sont ni ses enseignants ni sa parenté. La monitrice de l’école du dimanche qui suit la même tranche d’âge depuis des années. La femme qui prend le bébé qui pleure des bras d’une jeune mère sans qu’on le lui demande, pour qu’elle puisse entendre la prédication. Les hommes plus âgés qui demandent à un adolescent ce qu’il étudie, et s’en souviennent un mois plus tard. Tite demande aux femmes âgées d’apprendre aux plus jeunes à aimer leur mari et leurs enfants : tout un apprentissage, supposé plutôt qu’organisé.
Personne n’élève bien ses enfants seul, et l’Écriture ne suppose jamais que quiconque devrait avoir à le faire.
La promesse va dans les deux sens
Tu te lèveras devant les cheveux blancs, et tu honoreras la personne du vieillard. Tu craindras ton Dieu.
Lévitique 19:32
L’honneur a une seconde saison, et c’est la plus difficile. Les enfants de ces photographies seront un jour la force que leurs parents n’auront plus. Paul est direct : les enfants et les petits-enfants doivent apprendre avant tout à exercer la piété envers leur propre famille et à rendre à leurs parents ce qu’ils ont reçu d’eux, car cela est agréable à Dieu. Rendre. Quelques lignes plus loin, un foyer qui refuse de prendre soin des siens est dit avoir renié la foi.
Ce n’est pas seulement une arithmétique privée. C’est pourquoi la chapelle visite ses membres à l’hôpital, se tient auprès des familles en deuil, et garde une caisse commune pour les foyers en difficulté. Honorer ses parents et prendre soin les uns des autres sont le même réflexe, mesuré à deux distances différentes.
Les cinquante autres dimanches
Rien de tout cela n’exige un jour spécial. Un dimanche ordinaire, cela ressemble à un adolescent qui salue un ancien par son nom au lieu de passer devant lui. À un père au deuxième rang avec un tout-petit endormi sur l’épaule pendant toute la prédication. À une grand-mère sur une chaise en plastique à qui l’on demande son avis — et que l’on écoute vraiment. Deux dimanches par an, nous prenons une photo. C’est pendant les cinquante autres que le travail se fait.
Il ramènera le cœur des pères à leurs enfants, et le cœur des enfants à leurs pères.
Malachie 4:6
Il y a de la place ici pour votre famille.
Nous nous rassemblons chaque dimanche à 10h00 au cœur d’Antananarivo — enfants et grands-parents compris, anglophones et francophones également chez eux.
